LE DESARMEMENT, UN CONCEPT DE MYSTIFICATION POLITICIENNE?

By: Africa Newsquick

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Dans la situation d’après crise de la Côte d’Ivoire, où se trouve fortement impliquée la communauté internationale, l’ONUCI a en charge les questions du désarmement, de la démobilisation et de la réinsertion (DDR), conformément aux Résolutions 1528, 1609 et 1765 du Conseil de Sécurité des Nations Unies. Le DDR est le processus par lequel les combattants sont amenés à déposer les armes, et à retourner à la vie civile ou à réintégrer les forces armées, qui seront restructurées, dans un souci d’adaptation.

Au sein du dispositif mis en place par l’ONU, la section DDR tient un rôle de cheville ouvrière :   Entre autres actions, elle veille à ce que le processus DDR en Côte d’Ivoire, soit conforme aux standards internationaux pour être crédible. En outre, elle appuie la planification et l’élaboration des concepts d’opérations et de plans d’actions pour le désarmement, la démobilisation et la réinsertion des combattants ; elle coordonne l’aide logistique apportée par la mission au processus DDR ; elle coordonne avec les acteurs nationaux et internationaux impliqués dans la phase de désarmement et de démobilisation, la mise en œuvre effective des opérations ; et travaille en collaboration avec le PNUD et les autres agences du système des Nations Unies, impliquées dans l’exécution des projets de réinsertion des ex-combattants.

La section DDR apporte également un appui logistique, pour la mise en place de sites de regroupement au Nord, et des points de collecte d’armes à l’Ouest.

Le processus se déroule normalement en trois phases : Le désarmement, qui constitue la première étape, est l’opération qui consiste à récupérer les armes, munitions et autres matériels militaires, dont disposent les combattants. Pendant cette opération, les combattants remettent leurs armes aux forces impartiales, dans les sites prévus à cet effet. Les combattants ainsi désarmés, sont par la suite démobilisés. La démobilisation est l’étape symbolique qui assure le passage du combattant de la vie militaire à la vie civile. A la fin du processus de démobilisation, une carte de démobilisé est remise au combattant, afin de lui permettre de commencer sa réinsertion. La réinsertion est une phase transitoire entre la démobilisation du combattant et sa réinsertion définitive dans la vie sociale et économique. Le combattant commence sa réinsertion en recevant, sur présentation de sa carte de démobilisé, une assistance financière appelée « filet de sécurité ». Cette assistance a pour but de faciliter l’installation de l’ex-combattant dans son lieu de réinsertion, et d’avoir accès aux opportunités de réinsertion proposées.

La responsabilité de la mise en œuvre du DDR incombe au gouvernement, à travers diverses structures, dont les principales sont le Centre de Commandement Intégré (CCI), et le Programme National de Réinsertion et Réhabilitation Communautaire (PNRRC).

L’opération de désarmement concerne les FDS (forces terrestres, aériennes, marine nationale, douanes, eaux et forêts), les FAFN (forces recrutées, FDS déserteurs), et les groupes ou individus en arme (milices, mercenaires, groupes et individus en exil, ou portés disparus).

Quels sont les applications concrètes de cette construction théorique, qui ne laisse place, a priori, à aucune improvisation ?

Le directeur général de l’Autorité pour le désarmement, la démobilisation et la réinsertion ( ADDR), Fidèle Sarassoro, celui-là même qui a la responsabilité de créer les conditions qui puissent dissiper la psychose que font planer les hommes en armes dans le pays, a annoncé lors d’une conférence de presse, que quelques 26000 armes ont été collectées en deux ans, après la crise postélectorale. Parmi ces armes, se trouvent « des fusils d’assaut Kalachnikov, des obus, des grenades », ainsi que 650000 munitions. En outre, l’ADDR assure avoir réussi à insérer dans la vie civile « 60% des 74000 ex-combattants », soit 44000 personnes.

Le hic, c’est que des experts trouvent ces chiffres exagérés, pour des raisons politiques. D’ailleurs, le même directeur général de l’ADDR, a confirmé quelque temps plus tard, cette appréciation des experts ; quand il a reconnu à un déjeuner de presse, que le processus de désarmement, démobilisation et réinsertion, est « fondamentalement politique, sécuritaire et sociopolitique ». Voulant implicitement dire par là, que les exhibitions tapageuses autour de quelques vieilles armes non fonctionnelles, ne seraient en fait, que des simulacres de désarmement.

Ce ne serait pas rendre service aux Ivoiriens, en attente de changements qualitatifs aux plans politique et social, que de les « endormir» avec des informations biaisées, sur le désarmement et des campagnes de sensibilisation à la paix ; qui en réalité, seraient destinées à les empêcher de prendre l’exacte mesure du danger qu’ils encourent, avec des milliers d’hommes en armes, dans leurs environnements. Il est à souhaiter que le séminaire qu’organise l’ADDR dans quelques jours, permette de sortir des doutes, sur la question.

Dr ESSIS AKO

L’Eléphant déchaîné N°297 du vendredi 31 octobre au lundi 3 novembre 2014 / 4ème année

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