Difficultés d’évacuation du Cacao: Où sont passés les 80 milliards FCFA du Fonds de réserve?

By: Africa Newsquick

Difficultés d’évacuation du Cacao: Où sont passés les 80 milliards FCFA du  Fonds de réserve?

Premier producteur mondial de Cacao, la Côte d’Ivoire traverse en ce moment quelques turbulences dans l’évacuation de son  Cacao. Cette situation dure depuis le mois de novembre 2016. Provoquant des grincements de dents dans la filière et des inquiétudes chez les producteurs qui se retrouvent avec leurs productions sur les bras.

Dans sa parution N°491, «L’Eléphant» signait un article annonçant les couleurs au titre révélateur: «Fête de fin d’année. Les paysans vont s’empiffrer de leur cacao!» Et pour cause, le Cacao était bloqué au niveau des usines; et sur le terrain, le prix garanti n’était pas respecté parce que le Cacao traînait sur les bras des pauvres paysans. Dans l’espoir que les jours à venir permettront une situation un peu plus reluisante, les pays sont restés dans un espoir incertain. Et à ce jour, leur situation ne fait que s’empirer. Depuis deux semaines, le nombre de camions alignés au Port d’Abidjan, dans l’espoir d’être déchargés de leurs produits, s’est accru. Ce sont plus de 700 camions remorques qui y sont stationnés, gardant dans leur « ventre » des milliers de tonnes de Cacao. La raison: la faitière – le Conseil du Café-Cacao – a décrété que le prix de vente à l’exportation devait être de 1850 FCFA, alors que le prix à la bourse de Londres est à 1421 F/kg (vente à terme (Pvam)). Le problème vient de la différence d’à peu près 470 FCFA  entre le prix du Cacao à la Bourse de Londres et le prix de vente à l’exportation imposé par le Conseil Café-Cacao qui est de 1850 FCFA. Le prix bord champ officiel (1100 FCFA) est dès lors insupportable pour les exportateurs agissant par Décision 575-2016 portant agreement des 93 exportateurs concernant 34 sociétés coopératives et  59 sociétés commerciales au titre d’exportateurs pour la campagne 2016- 2017.

Un prix garanti non garanti…

Le prix du Cacao varie selon le coût à l’international. Pour ne pas subir cette oscillation difficile à expliquer aux paysans, l’Etat a  décidé de garantir le prix d’achat aux paysans. C’est ainsi que fonctionne la  filière depuis la caisse de stabilisation au temps de Félix Houphouët-Boigny. Mais l’intrépide Gbagbo a estimé que cette façon de faire n’était pas bonne et a engagé une réforme de la filière avec la création de plusieurs structures en charge de la gestion de la filière. La suite on la connaît. Les nombreuses structures créées à la faveur de la réforme ont mis le « feu » dans le Cacao. Leurs responsables ont été jetés en prison. La suite, on la connaît. Bref ! Après la chute de L’intrépide Laurent Gbagbo, l’empereur Ouattara II, à son arrivée en 2011, a  procédé à une réforme en dissolvant toutes les structures créées par Laurent Gbagbo pour en revenir à presqu’à l’ancienne formule sous Houphouët-Boigny. D’où la naissance du Conseil du Café-Cacao dirigé par Touré MassandjéLitsé dont la gestion est loin du regard du ministère de tutelle, le ministère de l’Agriculture et du Développement rural, Coulibaly Sangafowa. Le Château s’en occupe personnellement!

A quoi sert le fonds de réserve ou de soutien?

Dès la mise en place du Conseil du Café-Cacao – chargé de la commercialisation suivie du prix garanti, un prix minimum et d’investir pour le bien-être  – sur conseil des bailleurs de fonds, il a été mis en place un fonds dit Fonds de réserve ou soutien logé à la BCEAO depuis la réforme de 2011; mais effective en 2012. Lequel fonds est différent de celui lié au Droit unique de sortie (Dus)  qui est la taxe payée à l’État avant l’exportation du produit. D’un montant de 40 milliards FCFA au départ, le Fonds de réserve est passé à 80 milliards FCFA. Mais depuis le mois de novembre où le prix sur le marché international a commencé à dégringoler, en dépit de la disponibilité (?) du fonds, c’est le producteur qui subit les revers de la fluctuation de la bourse de Londres. A quoi sert donc ce fonds de réserve ou de soutien, si le paysan doit continuer de subir le tango du prix de la fève de Cacao? Déjà que la production a baissé! Elle est passée de 1,791 million de tonnes lors de la campagne 2014-2015, à 1,565 million de tonnes pour la campagne 2015-2016, soit une baisse de 12,6%. L’on devrait s’attendre à une autre chute drastique de la production avec cette situation. En plus du «Swollen Shoot» ou la maladie du gonflement des rameaux qui dévaste des milliers d’hectares de plantation! Alors que les prix se dégonflent! Réaction du Conseil du Café-Cacao : omerta!

F.TAKY, in L’Eléphant déchainé n°510

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