Baccalauréat 2016 à Yopougon: La négligence d’une administration scolaire ruine les espoirs de plusieurs candidats

By: Africa Newsquick

Kandia CamBaccalauréat 2016 à Yopougon: La négligence d’une administration scolaire ruine les espoirs de plusieurs candidats

Ce sont au total 11 candidats dont la chance d’admission à l’examen du baccalauréat a été hypothéquée; et 17 autres admis à cet examen qui, malheureusement, n’auront pas la chance de poursuivre leurs études dans les Universités et Grandes écoles publiques ivoiriennes. Cela, à cause de la négligence insondable de l’administration du Collège «la Bagoué», un établissement privé, sis à Yopougon Maroc.

 

Le livret scolaire et la note d’EPS des candidats jamais parvenus dans leur centre d’examen

La décision du jury du baccalauréat 2016, présidé par le docteur Guédé Yiodé, qui a délibéré à Tiassalé, le 26 juillet 2016, au cas par cas, sur le sort des candidats ayant composé dans le centre d’examen «Groupe scolaire sainte Ruth» de Yopougon, a été impitoyable pour les élèves originaires du Collège «la Bagoué». La raison d’une telle sentence? Le livret scolaire et la note d’Education physique et sportive (EPS) des candidats n’ont pas été acheminés dans leur centre d’examen par les responsables de leur établissement d’origine. Le jury, face à cette situation, n’a eu d’autre alternative que celle de faire échouer ces candidats qui ne remplissaient pas les conditions de repêchage et a fortiori, celles d’admission. Selon les critères d’admission, le candidat, pour être déclaré admis à cet examen national, doit recueillir 200 points. Toutefois, des possibilités de repêchage existent pour le candidat qui n’a pas obtenu ces points et qui néanmoins a pu avoir une note de 170 ou 180 points à l’issue des épreuves. Ainsi, pour être repêché, le candidat qui a obtenu 170 points à l’examen doit, non seulement, avoir la moyenne annuelle de classe et avoir, à l’examen, la moyenne dans deux matières spécifiques. Quant à celui ayant obtenu 180 points, il doit, pour être repêché, avoir la moyenne de classe et avoir la moyenne dans une matière spécifique à l’examen. N’ayant pas acheminé le livret scolaire des élèves candidats dans leur centre d’examen, après maintes interpellations du président du centre d’examen, l’administration scolaire du Collège «la Bagoué» a considérablement réduit la chance d’admission de ses candidats au baccalauréat. Plus grave encore, la note obtenue par ces élèves lors de l’épreuve d’EPS n’a également pas été acheminée dans leur centre d’examen. Du coup, les candidats issus de cet établissement négligeant ont tous obtenu, sur leur collante, la note zéro dans cette matière. Ainsi, du fait de cette situation, 11 candidats n’ayant pas pu avoir 200 points à l’examen mais ayant obtenu une note supérieure à 170 ou 180 points ont vu se volatiliser leur chance de repêchage. La réclamation faite par ces malheureux candidats en vue de leur repêchage, juste après la proclamation des résultats du baccalauréat, le 30 juillet 2016, n’a pas prospéré. «Réclamation irrecevable. Conditions de repêchage non remplies» ou encore «Réclamation irrecevable. Absence de livret scolaire», telles sont les décisions prises et expressément mentionnées par le jury spécial sur la fiche de réclamation de certains candidats requérants. Leur tort et celui de leurs parents ont été la confiance mise en un établissement privé, agrée par l’Etat ivoirien, via le  ministère de l’Education nationale à travers l’autorisation n°778 MEN/CAB/SAPEP du 01 octobre 1994.

 

Les heureux candidats admis, condamnés à poursuivre les études dans le privé

La joie qui a animé les parents, visités par la grâce du succès de leurs enfants à l’examen du baccalauréat, en dépit de l’incroyable exploit perpétré par les responsables du collège «la Bagoué» de Yopougon Maroc, a été de courte durée. Compatissant à l’infortune qui s’est abattue sur les autres parents d’élèves qui ont vu leurs progénitures passer à seulement un pas du succès, les parents chanceux sont, en ce moment, ébranlés par la nouvelle qui leur est parvenue au sujet de l’avenir de leurs enfants. Bien que le baccalauréat soit désormais un acquis pour ces derniers, ils devront continuellement mettre la main à la poche pour assurer les études supérieures de leurs rejetons. Ce sort malheureux tire son origine de la négligence de l’administration scolaire de leurs enfants. Leur livret scolaire n’ayant pas été déposé dans leur centre d’examen, ils ont été tout simplement considérés comme des candidats libres par le jury de délibération. A en croire les révélations faites par un parent d’élèves, rencontré par «L’Eléphant», le 12/07, les candidats issus de cet établissement et admis au baccalauréat ne seront pas orientés dans les Universités et Grandes publiques ivoiriennes. Car, selon ce parent, ils auraient été informés par un membre du jury de ce que leurs enfants ont été assimilés à des candidats libres à l’examen du baccalauréat, à défaut de leur livret scolaire. «Si les choses sont considérées comme tel, poursuit-il, nos enfants ne pourront pas aller s’inscrire dans les Universités et Grandes écoles publiques pour poursuivre leurs études supérieures. Tout cela par la faute du fondateur de l’école, Koné Yacouba, un ex-agent des Impôts et de ses collaborateurs», accuse-t-il.

 

La réaction du fondateur: «C’est un sabotage»

Pointé du doigt par les parents d’élèves très révoltés, rencontré par l’infernal quadrupède, le 12/07, Koné Yacouba, le fondateur du collège «la Bagoué», a joint au téléphone le pachyderme, le 13/07, suite à un message envoyé par celui-ci lui demandant sa réaction suite aux accusations portées contre son établissement. Lisons sa réaction. «C’est vrai, ce que vous avez relaté dans votre message, il y a eu une négligence du directeur des Etudes et je pourrais appeler ça comme un sabotage. Parce que les relevés de notes devaient être déposés en vue du repêchage des candidats qui remplissent les conditions, c’est-à-dire que les élèves qui n’avaient pas eu la moyenne à l’examen, pour avoir le baccalauréat, si on regardait leur travail en classe, ça pouvait leur donner des chances. Je crois qu’ils étaient au nombre de trois ou quatre candidats. Je n’avais pas été saisi de cette situation. Et au moment où j’ai été saisi, je suis allé au centre d’examen où mes élèves étaient affectés pour demander, en présence de mon directeur des Etudes, au président du centre si on pouvait faire acheminer les dossiers des élèves puisque l’examen était encore en cours. Il m’a dit: ‛‛Non !’’ J’ai appelé plusieurs fois le directeur des Etudes et il n’a pas donné signe de vie.ʼʼ J’ai, à mon tour, demandé au directeur des Etudes pourquoi il n’a pas donné signe de vie. Son explication qu’il m’a donnée ne m’a pas convaincu. Je suis allé directement chez à la Dren (Directeur régional de l’Education nationale, ndlr). La Dren étant un Yacouba et moi, un Sénoufo, j’ai fait jouer cette alliance. Je l’ai vu et je lui ai dit : ‛‛Voilà ce qui m’arrive, il y a un sabotage au niveau de mon établissement. Le directeur n’a pas déposé à temps les livrets scolaires des candidats. J’en appelle à votre indulgence et concours.ʼʼ Il m’a donc mis en contact avec le responsable des examens de la Dren, une dame. Cette dernière m’a rencontré et elle m’a dit que c’est trop tard et qu’on ne peut plus rien faire. (…) Je vais résoudre ce problème avec les parents d’élèves concernés. Celui qui veut et qui apporte la preuve qu’il est à jour de la scolarité de son enfant, moi, je lui restitue ce qu’il a payé et celui qui ne peut pas apporter la preuve et qui veut que son enfant continue de fréquenter dans mon établissement, moi, je le prends gratuitement en guise de réparation du préjudice subi. Je me mets à la place de ces parents en colère. C’est écœurant, c’est inadmissible ce que mon collaborateur a posé comme acte. Voilà ce que je peux dire et ce que je sais de l’affaire», a-t-il expliqué. Concernant le sort qu’il réserve à son collaborateur mis en cause, par défaut, voici un avant-goût dévoilé au pachyderme. «J’ai perdu un parent, je suis venu au village pour les obsèques. Quand je vais rentrer, je vais résoudre le problème de mon directeur des Etudes. Je vais tout mettre en place pour le radier de mon établissement. Je vais refaire l’équipe et je vais prendre des dispositions contre tous ceux qui sont impliqués dans ce problème. Il est le premier responsable et je ne sais pas jusqu’au jour d’aujourd’hui, pourquoi il a agi de la sorte. Il avait gardé par devers lui les livrets scolaires des candidats. Les livrets n’étaient pas à l’école, ils se trouvaient chez lui à la maison. Quand on lui demandait chaque fois, il dit qu’il les a déposés. On ne peut pas dire que c’est un monsieur qui n’a pas le niveau, c’est un doctorant. Je me dis que c’est un sabotage. L’année dernière, il avait fait une bêtise, je devais le renvoyer. Finalement, je lui ai adjoint quelqu’un et c’est peut-être ça, il n’a pas apprécié. Il savait qu’il devait partir et il a gardé par devers lui ces documents. Le premier responsable que je suis, il met en cause  la crédibilité de l’établissement. Il m’a mis dans de sales draps et il reste introuvable», indique Koné Yacouba. « L’assainissement du secteur privé de l’éducation que nous considérons, à juste titre, comme un maillon important du système éducatif se poursuit avec la lutte acharnée contre les établissements clandestins et le retrait des autorisations pour insuffisance dans l’observance des normes officielles», avait professé Kandia Camara Kamissoko, le ministre de l’Education nationale, en septembre 2013, au cours de la réunion solennelle de rentrée 2013-2014, dévoilant son plan pour la bonne gouvernance du système éducatif ivoirien. Et ben, ce plan d’assainissement du secteur privé de l’éducation, au regard du forfait réalisé par le Collège «la Bagoué» dont les candidats admis et malheureux s’en souviendront toute leur vie, fonctionne à merveille. Et le Service autonome pour l’encadrement des établissements privés (SAEEP) doit être fier du remarquable travail accompli quand on sait que le promoteur de ce collège bénéficie d’une autorisation du ministère de l’Education nationale, en dépit du fait qu’il soit étranger au domaine délicat de l’enseignement.

NOËL KONAN, in L’Eléphant déchainé 472

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