Côte d’Ivoire-émergence à l’horizon 2020: Le président Alassane Ouattara entre le chaud et froid…il y a comme un épais nuage d’incertitude

Côte d’Ivoire-émergence à l’horizon 2020: Le président Alassane Ouattara entre le chaud et froid…il y a comme un épais nuage d’incertitude

A quelques jours de l’émergence, même si l’on entend de moins en moins ce joli mot dans le discours de nos politiciens, l’année 2020 est déjà à notre porte. Et l’élection présidentielle aussi. Celle qu’attendent tous les Ivoiriens, pour donner une nouvelle orientation, ou souffle nouveau à la Côte d’Ivoire. Voilà ce à quoi aspirent des Ivoiriens. Sauf qu’entre leur aspiration et les signes que leur présentent leurs politiciens, il y a comme un épais nuage d’incertitude…

Qui sera candidat, qui ne le sera pas ? Doit-on compter avec les nouvelles dispositions qu’Alassane Ouattara veut introduire dans le dossier de candidature ? Comme il en a manifesté le désir, il n’y a pas si longtemps que cela, en demandant au gouvernement de faire son possible pour réduire le nombre de prétendants au fauteuil présidentiel ? En fixant, par exemple, à 100 millions la caution pour la présidentielle. En lieu et place des 20 millions comme le code électoral l’exige et dont il a profité, tous comme les autres avant lui.

Mais Adama Bictogo pense que le montant est juste raisonnable parce qu’il faut des personnes sérieuses pour prétendre candidater au poste de président de la République. « Un candidat qui ne peut pas avoir 100 millions F. cfa n’est pas sérieux. La Côte d’Ivoire a besoin de candidats sérieux. On parle de choses vraiment sérieuses. Ceux qui ont des offres de société et de projets à faire, il faut que ce soient des gens capables, eux-mêmes, de s’assumer.» Il faudrait surement des millionnaires à la tête de ce beau pays pour ne pas avoir des personnes qui passeront leur temps  à  griller des arachides ?

Les Ivoiriens sont-ils invités à voter pour le candidat millionnaire ou pour celui qui a un programme de gouvernement qui répond à leur aspiration ? Le candidat qui a un bon programme de gouvernement doit-il être éliminé pour cette caution pour le moins exorbitante ?

Enfin est-ce avec ses propres moyens que le candidat devenu président  mettra en œuvre tout son programme ? Où est-ce avec les ressources dont dispose le pays ?

En attendant qu’on trouve des réponses à cette problématique, on n’oublie pas que le président, dans sa magnanimité avait offert, en 2015, 100 millions de francs Cfa  comme bonus pour aider à la campagne de chacun des candidats en lice. En tout cas, rien ne devrait empêcher le président de récidiver, non ? Du moment où c’est le contribuable qui paye. Celui-ci plus passif que jamais, ne devrait pas trouver à redire sur l’élan de générosité de leur président-candidat. Pour cette présidentielle, les candidats qui se préparent dans l’ombre devront tous se tenir prêts.

Mais n’allons pas vite en besogne. Heureusement que le président a annoncé que personne ne sera exclu de la course. Pas même les nouveaux candidats avec une caution fixée à 100 millions de francs cfa (enfin cela n’est qu’au stade de désir). Encore moins les anciens qui veulent jouer les trouble-fêtes pendant qu’ils cherchent désespérément à passer la main à la nouvelle  génération.

Dans tous les cas, il a déclaré depuis sa récente tournée dans le Hambol qu’il sera candidat. Mais à une seule condition : «  Je suis pour la démocratie et tout le monde pourra être candidat. 2020 se passera bien, il n’y aura rien. Il n’y aura pas de retour en arrière (…) Je veux que tous ceux de ma génération comprennent que notre temps est passé. Mais s’ils sont candidats, je le serai. » Mieux, sa déclaration devant la presse, le même jour : « Je ne souhaite pas être candidat. Mon intime conviction est qu’après deux mandats, il faut passer la main. L’année prochaine, j’aurai 78 ans. Ce que l’on peut faire à 68 ans, on ne peut plus le faire à 78, à fortiori à 85 ou 86 ans. À partir de cela, j’estime que c’est mieux que tous ceux de ma génération décident par eux-mêmes de ne pas être candidat. Maintenant, s’ils décident de l’être, compte-tenu de leurs bilans, de leur incapacité à gérer la Côte d’Ivoire, je trouverai une autre solution, y compris celle de continuer. La Constitution m’autorise à faire deux autres mandats et je pourrais le faire sans aucune difficulté parce que je suis en parfaite santé. Ça ne veut pas dire que j’ai décidé d’y aller. »

çae continue. A l’occasion de la commémoration du 26ème  anniversaire de la disparition du père de la nation à Yamoussoukro, le 7 décembre dernier, Alassane Ouattara a encore  dit « (…) Je veux rassurer les candidats qu’il n’y aura pas d’exclusion de candidats. Vous pouvez me faire confiance. Mais donc, Ado ne peut être exclut n’est-ce pas ? Il n’y aura pas d’exclusion, y compris Ado. Si Ado décide d’aller de l’avant, il n’y aura pas d’exclusion. »

Et le désir du candidat-président de fixer la caution de la présidentielle à 100 millions pour dissuader les candidats impertinents à la présidentielle ?  Quelle interprétation de la Constitution l’emportera sur la possibilité ou pas d’un 3ème mandat du président ?

Bon à savoir : Des membres du comité d’experts qui ont rédigé la dernière Constitution pour ne citer que le Pr Ouraga Obou, et Cissé Bacongo avaient, dans la première heure dit, que la dernière Constitution ne permettait pas à notre président de briguer un 3ème mandat. Le ministre de la Justice Sansan Kambilé avait embouché la même trompette face aux députés à l’Assemblée nationale.

Mais enfin, le président continue de souffler le chaud et le froid.

P.P, In L’ELEPHANT DECHAINE N°663

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