Front populaire ivoirien (FPI) : Les dessous d’une guerre d’existence…Simone Gbagbo en embuscade

Front populaire ivoirien (FPI) : Les dessous d’une guerre d’existence

Déchiré par une fracture, l’avenir du Front populaire ivoirien (FPI), se joue depuis la Belgique. Laurent Gbagbo en liberté conditionnelle à Bruxelles continue d’avoir une mainmise sans précédent sur le parti. Entre intrigues et scènes de ménage, la lutte pour le contrôle du FPI bat son plein.

Laurent Gbagbo, Affi N’guessan, Nady Bamba: une rancune dérangeante

« Avant sa rencontre jeudi avec Gbagbo, Affi : « Je vais voir mon patron en Belgique »». Avait annoncé en grande pompe, Pascal Affi N’guessan, président du Front populaire ivoirien, « officiellement », en grande « Une » de « Notre Voie » du 20 mars 2019. Mais cette rencontre qui avait suscité beaucoup d’espoirs dans les deux camps qui se chamaillent pour le contrôle du FPI, n’a pas pu avoir lieu à cause des conditions jugées « d’inacceptables » par Pascal Affi N’guessan. Et dans ces conditions, figure un préalable : la démission de la présidence du FPI avant toute rencontre entre Affi N’guessan  et Laurent Gbagbo,  et même toute discussion pour  comprendre les mobiles des divergences dans ce parti depuis l’incarcération de Gbagbo et la perte du pouvoir en 2011. Laurent Gbagbo, ne voulant pas se voir rouler dans la farine comme ce fut le cas de l’organisation des élections d’octobre 2010 sans désarmement qui a vu sa chute, s’est voulu prudent en exigeant d’Affi, par le biais du mystérieux médiateur, sa démission. Chose que le député de Bongouanou n’a pas voulu entendre. La suite on la connait. Démissions, défections et invectives.

Mais que reproche réellement Laurent Gbagbo à Pascal Affi N’guessan au point d’être si prudent et pointilleux envers son ex-directeur de Campagne, Premier ministre et Président du parti au moment où il était encore aux affaires ? A la lumière, selon les sources de l’infernal quadrupède, rien de consistant politiquement ne les oppose. Laurent Gbagbo n’a rien contre la ligne politique de Pascal Affi N’guessan. Il serait même d’accord pour le dialogue entre gouvernement et opposition.  Mais là où Laurent Gbagbo garde  une rancune tenace et dérangeante contre son ancien Premier ministre, c’est que ce dernier, lors de la bataille pour le contrôle du parti, au moment où il était encore dans les geôles de La Haye, Pascal Affi N’guessan s’en est pris publiquement à  sa « muse » Nadiana Bamba alias Nady Bamba. L’ancien Premier ministre s’est attaqué singulièrement à la femme coutumière de Laurent Gbagbo, Nady Bamba, accusant cette dernière, en exil, d’être au cœur du complot contre lui, le  samedi 3 janvier 2015, à sa résidence de la Riviera, devant les secrétaires généraux de fédération et les secrétaires nationaux proches de sa ligne. Extrait : « Comme on est dans une phase de clarification, il ne faut pas que vous oubliiez la dame qu’on appelle Nady Bamba, parce que c’est elle-même le pivot du complot. Les autres ne sont que des instruments. C’est pour cela que ce sont ses journaux qui sont à la pointe du combat contre nous. Parce qu’elle dit: elle attend qu’on me chasse pour rentrer en Côte d’Ivoire. Avec son groupe constitué des Demba Traoré, des Stéphane Kipré…», a dit Affi N’guessan. Et ça Laurent Gbagbo n’a pas encore pardonné à Affi de tenir ouvertement de tels propos à l’endroit de sa « dulcinée ». A  côté du cas Nady Bamba, se trouve le problème du congrès de Mama et la question de la signature de Laurent Gbagbo qu’Affi qualifiait de signature « imitée » et « falsifiée… ». Pour Gbagbo, le fait qu’Affi « charroie », devant les juridictions, les congressistes de Mama a conduit Koua Justin, Assoa Adou et bien d’autres en prison. Et pour cette raison, il a une dent contre son ex-Premier ministre. Toutes ces raisons ont finalement mis à mal la médiation  d’Emmanuel Aka.

Aka Emmanuel, le mystérieux médiateur !

Emmanuel Aka est un ami d’enfance de Laurent Gbagbo. Il a maintenu des liens étroits avec lui et avec Simone Gbagbo. Homme d’affaires, Gbagbo en fait un Ambassadeur sans mission. Il est PDCI et il serait le fils d’un grand du prélat ivoirien. Lorsque le président du Fpi est devenu chef de l’Etat en Côte d’Ivoire, d’être nommé notamment grâce à ses bonnes connexions dans le pays, ambassadeur ivoirien au Ghana, alors que l’homme d’affaires prospère qu’il fut un moment, n’était point un diplomate de carrière. C’est lui qui a apporté une monture la nouvelle Constitution à Gbagbo avant le référendum…

Blé Goudé l’équilibriste…, Simone Gbagbo en embuscade

« Je n’encouragerai aucune tentation de vengeance ni aucune velléité de revanche. Vengeances sur vengeances, revanches sur revanches, ne feront que précipiter notre pays dans l’abîme, dans le chaos, bref dans un déclin irréversible », a-t-il écrit dans une lettre aux Ivoiriens et lue en direct sur sa page Facebook le 27 mars 2019. Un message à tous dont la teneur se mesure en cette phrase : «  La Côte d’Ivoire est un tout qui a besoin de tous ». Pardi ! Les mots ; souveraineté, patriotisme, liberté et seigneur des armées… ont « miraculeusement » disparu du lexique de l’ex-chef des patriotes. Désormais il peut courageusement discuter le titre de Dalaï Lama avec le député de Ferkessédougou, Soro Guillaume. Outre cette sortie, Charle Blé Goudé se veut désormais un « homme équilibriste » et « viscéralement ! » attaché à la Paix. Pour ce faire, il refuse de se prononcer sur la crise au FPI. Et pour se dédouaner, il arguerait qu’il n’est pas FPI mais COJEP.  De ce fait, une affaire interne aux Frontistes ne le concerne vraiment pas. Mais dans l’antichambre, le désormais homme libre-exilé a des contacts téléphoniques réguliers avec Simone Ehivet Gbagbo (l’épouse légale) que Laurent Gbagbo, lui-même, évite de la prendre au téléphone après l’avoir presque désavouée publiquement en nommant Assoa Adou,74 ans, président par intérim après la mort de Aboudrahamane Sangaré, alors que Simone Gbagbo, deuxième vice-présidente et numéro deux de Sangaré dans l’ordre protocolaire était en embuscade pour la présidence par intérim du FPI version Gbagbo. Mieux au-delà du FPI, Simone Gbagbo (70 ans) se veut plus ambitieuse et lorgne le fauteuil présidentiel en 2020. Mais Gbagbo lui-même n’a pas dit son dernier mot et russe avec tous depuis son exil bruxellois.

TOURE ALI, in L’ELEPHANT DECHAINE N°636

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